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Dans la conception «pragmatique», le langage, plus
qu'un simple moyen de représenter la réalité ou la
pensée, est aussi un dispositif permettant d'accomplir
des actes d'un certain type : ordonner, interroger, conseiller,
remercier, s'excuser, affirmer, etc. Les phrases elles-mêmes
sont les instruments au moyen desquels nous
accomplissons ces actes, et comme tout instrument elles
ont une forme préadaptée à leur fonction : une phrase de
forme impérative, par exemple, sert à demander à quelqu'un
de faire quelque chose, une phrase déclarative sert
à informer, et une phrase interrogative sert à poser une
question.
Comment se fait-il, alors, qu'on puisse demander à
quelqu'un de faire quelque chose en énonçant une phrase
déclarative comme «Je t'ordonne d'y aller» ? Comment
expliquer qu'on puisse, au moyen d'un tel énoncé (appelé
«performatif»), accomplir un certain acte simplement
en disant qu'on l'accomplit ? L'auteur montre que cette
question, facile en apparence et même naïve, est cruciale
par son enjeu : la réponse qu'on y donne engage une
conception générale des rapports entre le sens d'un énoncé
et sa valeur pragmatique.
Pour résoudre les problèmes posés par les énoncés
performatifs, l'auteur s'appuie sur les développements
récents de la recherche en pragmatique, qu'il expose de
façon aussi complète et didactique que possible ; une
partie importante de l'ouvrage est ainsi consacrée à la
théorie de la communication «indirecte» ou «par sous-entendu».
D'une façon générale, ce livre peut servir
d'introduction à la pragmatique, dans la mesure où les
principaux thèmes et problèmes de cette discipline y sont
abordés.