Ulteriori informazioni
La «Belle Journée», autour de laquelle s'articule toute l'oeuvre
de Raffaele La Capria, est celle de l'enfance, si lumineuse, chaude
et douce qu'elle devrait durer toujours ; la «Belle Journée» de la
jeunesse, avec la mer, la pêche, les amis, les premières amours, si
dense et sensuelle qu'elle offre l'avenir pour l'éternité ; la
«Belle Journée» de Naples, si longue et parfaite qu'elle est
promesse de retrouver «l'harmonie infinie du monde».
Mais la «Belle Journée» imperceptiblement s'achève, la «Belle
Journée» se fige dans le passé, ne laissant qu'un présent qui ne
promet plus rien. Le palais merveilleux de l'enfance s'abîme
dans la mer, Naples s'enfonce dans le Mythe - Naples qu'il faut
quitter pour trouver l'Histoire et la vie, avec, pour tout bagage,
une mortelle blessure.
Joyau de ce qui constitue, avec L'Harmonie perdue (L'Inventaire,
2001) et La Neige du Vésuve (L'Inventaire, 2002), la «trilogie napolitaine»
de Raffaele La Capria, Blessé à mort est une plongée au coeur
des sensations les plus fortes comme les plus ténues, au coeur des
mots, des sons, de la poésie. Blessé à mort, c'est la mélodie de la
langue napolitaine, recréée par La Capria, ses envolées, ses
chutes, ses syncopes. Blessé à mort, c'est le mot qui s'échappe,
s'enfuit, mais qui acquiert aussi la densité de la chair. Blessé à
mort, enfin, c'est la vie elle-même, insoutenable et infiniment
désirable... Et la blessure qui lancine...
Anne Coldefy-Faucard