Ulteriori informazioni
Que le kantisme nuise à la lecture de Kant n'est pas chose nouvelle dans l'histoire de la philosophie. Ce phénomène bien connu, dont ont pâti maints philosophes, par lequel une pensée se réduit peu à peu à un corps de doctrines ou de mots d'ordre finalement étrangers à elle, s'est néanmoins accusé dans la réception française de la philosophie pratique kantienne. De celle-ci on a retenu l'imposition d'une loi morale à valeur universelle, le renoncement à la dimension affective ou désirante de la vie, l'élargissement de cette morale "déontologique" à l'échelle de l'histoire...
Aussi s'agit-il moins ici de découvrir des thèmes nouveaux que de tramer autrement le sens de leur enchaînement: l'impératif catégorique s'associe à une réflexion sur le jugement moral, le devoir implique une attention spécifique à l'affectivité, l'imposition de la loi à la volonté engage un nouveau rapport de l'arbitre à la liberté et fait également apparaître une dimension proprement pratique du langage; enfin l'importance du lien intrinsèque des domaines juridique et moral de la philosophie pratique kantienne n'a pas fini de retrouver ses droits.
Textes de François Calori, Michèle Cohen-Halimi, Béatrice Longuenesse, François Marty, Pierre Osmo, Paulo Tunhas.