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L'homme ne cesse de se demander pourquoi il est malheureux. Si le
pessimisme est de tout temps, il prospère pourtant à certaines époques
de l'histoire. La fin de la Révolution et de l'Empire marque le retour à
l'Ancien Régime qui ne fait pas rêver. Le romantisme et Schopenhauer
alimentent le désespoir et s'en nourrissent. Byron, Leopardi, Chateaubriand,
Poe, Baudelaire chantent le vague des passions, le spleen,
l'ennui et la mélancolie. L'histoire du progrès est celle d'un désamour.
La modernité est désavouée dès sa naissance. Dans un monde où Dieu
se meurt et où l'homme est au plus mal, la syphilis, l'urbanisation et
l'industrialisation ne laissent guère de raisons d'espérer. Porté par les
plus grands écrivains, le pessimisme envahit le XIXe siècle du sud au nord
de l'Europe. On s'étonne presque que Freud et la psychanalyse soient
venus si tard dans une société où l'angoisse et la dépression régnaient en
maîtres depuis longtemps, et à Paris plus que dans toute autre capitale.
Le XXe siècle allait apporter une apocalypse pire que celle promise par les
écrivains et les philosophes. Si l'Allemagne a pensé le pessimisme, la
France l'a vécu passionnément et le cultive aujourd'hui avec obstination
pour des raisons spécifiques que l'auteur tente de percevoir. Sans complaisance
et sans militantisme, il s'interroge sur les causes d'un phénomène
dont rien n'annonce la fin.