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Loin du cliché du professeur dépassé et dépressif, les auteurs ont centré
leur étude sur la difficulté ordinaire et quotidienne du travail et les
manières de la gérer en relation avec les évolutions du métier.
Une première enquête auprès des services de l'Éducation nationale
indique un accroissement des enseignants dits «en difficulté» et une diversification
des dispositifs de prévention et de traitement. L'analyse des
experts spécialisés dans l'identification et le traitement de cette question
montre la trajectoire qui va de la difficulté à enseigner à l'enseignant dit
«en difficulté».
Une seconde enquête d'un an, dans sept établissements du second
degré, révèle que la difficulté apparaît quand elle va de pair avec l'impuissance
à agir. Elle est alors source de souffrance. L'usure morale, le sentiment
d'échec et d'inutilité sociale caractérisent l'expérience professionnelle des
enseignants qui se sentent à la fois en butte à la critique des usagers et
abandonnés par l'institution. Cette réalité est inquiétante pour une société
qui a besoin d'enseignants moralement forts et confortés dans leur métier
pour une école qui réussisse dans ses missions. Parallèlement, l'enquête
montre que la difficulté est constitutive du plaisir, de l'intérêt d'enseigner et
de l'utilité sociale du métier. Elle indique comment l'institution et la force du
collectif peuvent donner davantage d'opportunités pour gérer les difficultés
ordinaires du travail et forger la professionnalité de l'enseignant.