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Prédicateurs et directeurs
de conscience de talent,
rompus aux débats
théologiques - ils s'illustrèrent à
Trente notamment - les jésuites
surent, malgré les réticences de
Charles Quint, se ménager une
influence grandissante au sein de
la Cour espagnole, devenant bientôt
les confesseurs des Grands, avant
de l'être des premiers Bourbons, en
franchissant parfois les limites qui
séparent le conseiller de l'homme
de pouvoir. Mais leur attachement
indéfectible au trône de Pierre, qui les singularisait, les plaçait au coeur
des relations souvent conflictuelles entre pouvoir royal et papauté.
Les contributions des jésuites à la pensée politique, particulièrement
complexes en des temps troublés où les rapports du politique et du
religieux avaient besoin d'être redéfinis, demandent à être analysées
à travers ce prisme.
Réflexion sur l'exercice et la nature du pouvoir, intervention dans
le débat entre éthique et politique, influence sur la société du temps,
par l'action auprès des puissants, la direction des consciences et
l'éducation des élites, différends avec les autorités et, en définitive,
pouvoir occulte ou révélé au grand jour, voire revendiqué par l'écrit ou
par les différentes formes artistiques : ce sont là les aspects de l'action
de la Compagnie abordés du point de vue de l'histoire politique et
sociale du monde hispanique à l'époque moderne.