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Tous ceux qui se sont intéressés à l'histoire des idées,
aux interrogations philosophiques, aux débats portant
sur le catholicisme, aux combats d'ordre politique
et social, ou simplement à la vie mondaine,
aux relations entre figures importantes du
XIXe siècle, ont croisé Madame Swetchine. Pendant
longtemps, jusqu'aux années vingt du XXe siècle, elle
est demeurée très connue. Et puis on l'a un peu
oubliée, son image s'est effacée. Peut-être est-ce
la redécouverte de Tocqueville et l'étude du catholicisme
libéral et du catholicisme social qui ont
ranimé l'intérêt qu'elle suscitait de son vivant.
Aucune biographie pourtant ne lui a été consacrée
depuis près de cent ans. Le regard que nous portons
aujourd'hui sur l'époque et les civilisations qu'elle
a connues, les épreuves qu'elle a subies, s'est beaucoup
modifié. La connaissance des décennies
qu'elle a traversées, des événements, des crises et des
enjeux, s'est passablement enrichie. Il est temps de
lui rendre la place qui fut la sienne. Certes, Sophie
Soymonov n'a jamais cherché à être sur le devant
de la scène. Mais celle qu'on a appelée «la mystérieuse
Madame Swetchine», «la Madame de Sévigné
russe» et dont Jean Guitton a rappelé que pour le
christianisme son rôle avait été oecuménique est une
figure que l'on a envie de retrouver.