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Une jeune fille peut-elle tomber enceinte en se baignant
dans une eau polluée par du sperme ? La génération spontanée est-elle
possible, et quels animaux peuvent ainsi naître : des vers, ou
aussi un homme, si l'espèce humaine venait à s'éteindre ? Les démons
peuvent-ils copuler avec des femmes, et quelle est la nature des
enfants nés de ces unions hybrides ? Quelle est la contribution de
Marie à la conception virginale du Christ ? Et si ce miracle est
l'oeuvre du Saint-Esprit, Marie est-elle vraiment mère ?
Les théologiens, philosophes et médecins médiévaux ont posé
ces questions, et d'autres encore, avec beaucoup de curiosité et
de candeur, tout en essayant de formuler des réponses à l'aide des
théories embryologiques de leur époque. Ce livre offre la première
étude approfondie de ces débats. Une analyse minutieuse des textes,
souvent inédits, produits dans les universités médiévales replacés
dans leur contexte institutionnel, culturel et religieux, montre que
les réflexions des savants au sujet de la génération extraordinaire
sont loin d'être anecdotiques mais supposent des thématiques
communes. L'auteur met en relief les articulations fortes et souvent
inattendues entre théologie et sciences profanes, et les points de
contact entre croyances communes et culture savante. Elle propose,
de plus, des éléments nouveaux sur les notions de paternité,
de maternité et de filiation, et sur le développement médiéval des
conceptions du miracle et de l'ordre de la nature.
Les disciplines relevant de
l'Histoire des Idées ont connu,
ces dernières années, un développement
considérable - mais
aussi, par contre coup, un grand
éparpillement : d'où la nécessité,
largement reconnue, de
faire communiquer les spécialistes,
et plus encore, peut-être,
d'inciter les publics spécialisés
à franchir les limites des disciplines
ou des champs d'étude.
C'est à cela que voudrait contribuer
la collection «L'âne d'or»,
en rassemblant des ouvrages
issus de disciplines diverses
(Histoire de la Philosophie, Épistémologie,
Histoire des Sciences,
Philosophie, Histoire des Religions,
etc.) sans limitation chronologique
- mais toujours sans
concession sur la qualité.
Et l'âne maintenant, pourquoi
ce patronage ? Pourquoi cet âne
en chaire magistrale, avec dans
une patte une férule et sous
l'autre un pesant in-folio ? Il
est là tout simplement à titre
d'avertissement : sans doute
voulons-nous des ouvrages sans
concession, mais non point des
ouvrages écrits par des cuistres
ou des pédants.