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Née dans les années soixante pour
répondre aux besoins de la jeunesse
issue du baby boom, la politique publique
Jeunesse éducation populaire (JEP)
se développe dans une collaboration
conflictuelle entre pouvoirs publics et
associations, sous la forme d'une cogestion
qui se veut démocratique. C'est cette
période structurante de l'histoire de l'éducation
populaire que cet ouvrage propose
d'explorer, entre 1958 et 1970.
Dans la France des années soixante,
l'éducation populaire se construit d'abord
au travers des équipements socioculturels
: foyers de jeunes travailleurs, maisons
des jeunes et de la culture, colonies de
vacances et auberges de jeunesse sortent
de terre, alors que le pays connaît une forte
croissance démographique et achève son
urbanisation.
Mais au-delà des murs, il faut construire
l'animation, c'est-à-dire faire vivre et gérer
ces équipements, le plus souvent sous une
forme associative. L'animation est pensée
initialement comme un moyen de revivifier
la démocratie dans les communes ou
les quartiers. Avec les collectivités locales,
les fédérations d'éducation populaire et les
associations construisent pas à pas une
politique d'animation fondée sur le principe de
la cogestion entre les usagers et les pouvoirs
publics. Celle-ci ne va pas sans conflits, ce qui
est un indice de vitalité démocratique.
Enfin, il faut développer les compétences des
animateurs : ce sont les débuts de l'animation
professionnelle. Pour financer les postes
d'animateurs et leur formation, les fédérations
d'éducation populaire, l'État et les collectivités
locales créent un fonds de coopération appelé
Fonjep, géré selon les principes de la cogestion.