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Bien qu'ils en aient naturellement conscience, les historiens et les archéologues, toutes périodes
confondues, n'ont peut-être pas toujours suffisamment insisté sur le caractère vivant des
forteresses : une fois édifiées, en une ou plusieurs étapes, il convenait de les entretenir, de les
adapter, de les aménager, de les rénover, en fonction d'une multitude d'impératifs ou de souhaits. Mais
au-delà de l'usure du temps, toujours à l'oeuvre, implacablement, surtout dans les régions humides,
l'histoire montre qu'intervinrent de façon récurrente des mesures de destruction, pour des motifs
politiques, militaires et, plus tard, urbanistiques, notamment dans le cadre du déclassement et du
démantèlement officiels des ouvrages fortifiés. Encore ces démolitions, à portée souvent symbolique,
demeuraient-elles parfois incomplètes, faute de moyens financiers : ici, les affirmations péremptoires
des chroniqueurs médiévaux ne doivent pas être acceptées sans réserve. Soucieux de proposer un
panorama aussi large que possible, le présent volume rassemble un faisceau d'études de cas, allant
des mesures prises par les princes Valois de la maison de Bourgogne à l'encontre des villes rebelles,
jusqu'à l'aménagement «écologique» des remparts et des glacis de Montreuil-sur-Mer, en passant
par la rageuse destruction de Thérouanne que décida Charles Quint et par l'examen critique du
prétendu programme de destructions «anti-féodales» que le cardinal de Richelieu aurait arrêté.