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Un poète découvert par un poète, le cri
d'admiration de Lucien de Rubempré
dans Illusions perdues de Balzac,
résonne encore. Paru un quart de
siècle après la mort d'André Chénier
sur l'échafaud en 1794, son premier
recueil - l'événement littéraire de
l'année 1819 - est salué par des
articles d'écrivains de la vieille garde
comme Népomucène Lemercier,
mais aussi par les débuts du jeune
Victor Hugo. Par la suite, aux plus
grands critiques, comme Sainte-Beuve
et Brunetière, viendront
se joindre des hommes de lettres
comme Jules Barbey d'Aurevilly,
Jean Moréas, Henri de Régnier, José-Maria
de Heredia, Charles Maurras
ou Robert Brasillach. La fin tragique
de Chénier conduit à en faire une légende ; pour certains, sa vie - ou
sa mort - cache ses écrits et en détermine la lecture. Ses textes, souvent
inachevés, son oeuvre presque entièrement posthume, ont influencé des
générations d'auteurs et ému des lecteurs qui découvraient en lui l'un des
plus grands poètes de la France. Le corpus canonique de ses vers et de sa
prose s'est élaboré au rythme des publications et des études. La réception
de Chénier retrace en creux l'évolution de la critique et invite à déceler
l'homme derrière le mythe, l'écrivain derrière le martyr.