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De façon étonnante, il n'existe pas d'histoire récente et complète
de la critique d'art. La seule qui fut écrite, celle de Lionello
Venturi, date de 1936. En dehors de cet essai général, on trouve
des travaux concernant des périodes déterminées, mais aucun
qui propose, comme l'ouvrage de Gérard-Georges Lemaire, une
histoire des écrits sur l'art depuis les Grecs jusqu'à la Seconde
Guerre mondiale, en Europe et en Amérique.
C'est à Denis Diderot qu'il revient d'avoir élevé la critique d'art
au rang de genre littéraire à part entière. Cette consécration est
le fruit d'une longue histoire qui commence avec l'Antiquité
grecque et latine, se prolonge à la Haute Renaissance italienne,
puis s'épanouit lorsque la naissance des Salons, à partir de la fin
du XVIIe
siècle, donne lieu à de libres commentaires des amateurs
d'art. Au XIXe
siècle, de nombreux écrivains rédigent leurs Salons
ou font le portrait des artistes, ces derniers décidant souvent de
prendre à leur tour la plume pour faire oeuvre critique.
Cette relation étroite entre l'art et la littérature fait tache d'huile
dans toute l'Europe et, plus tard, aux États-Unis. Au XXe
siècle, la
critique est profondément enracinée dans les moeurs. Parallèlement
aux écrits des écrivains et des artistes, une presse spécialisée
émerge et, avec elle, de plus en plus de professionnels. Le genre
se diversifie et s'universalise.
Cet ouvrage réinterroge, tout en retraçant son histoire, cette
aventure de la pensée et du goût qui accompagna le développement
de l'art occidental.