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En 1756, la Bibliothèque du roi s'enrichissait, grâce au don que lui en
faisait Louis Racine, fils cadet du dramaturge, d'un ensemble de
manuscrits et d'ouvrages qui provenaient de son père : « ses lettres
originales, savoir : les lettres de sa jeunesse, les lettres écrites à Boileau
avec les réponses, et les lettres écrites à [son] frère », à quoi s'ajoutaient
la deuxième partie de l'Abrégé de l'histoire de Port-Royal avec quelques
feuillets de la main de Boileau, et divers écrits, ainsi que le précise une
note de Louis Racine publiée par Adrien de La Roque.
Mais c'était là ce qui a subsisté dans le « naufrage de l'immense
correspondance racinienne », selon l'expression de Georges Forestier.
Le premier ensemble était constitué ainsi de l'essentiel des lettres de
Racine, conservées aujourd'hui à la Bibliothèque nationale de France :
lettres de jeunesse écrites à trois amis, François Le Vasseur, Nicolas et
Marguerite Vitart, correspondance avec Boileau et lettres adressées à
Jean-Baptiste par son père ; c'est-à-dire, au total, sur les 225 lettres de la
Correspondance de Racine parvenues jusqu'à nous, les trois quarts de
celles que composa et reçut le poète. Elles avaient été recueillies et
rassemblées par son fils aîné, qui non seulement en préserva et transmit
les autographes, mais qui les fit recopier par un ami, à l'identité et au
profil inconnus, dans un manuscrit aujourd'hui propriété de la
Bibliothèque de Port-Royal, connu sous le nom de « Recueil Racine ».
D'autres lettres autographes, peu nombreuses il est vrai, quittèrent
encore les archives familiales, pour rejoindre des fonds publics ; d'autres
autographes faisaient ou font des apparitions furtives lors d'une
exposition ou dans un catalogue de vente.