Read more
mémoire d'Églises
Conçu à partir de certaines communications du 31e
colloque du Centre de Recherches et d'Échanges sur la Diffusion et l'Inculturation du Christianisme (CRÉDIC) de 2010, cet ouvrage traite de questions peu abordées : les concurrences en mission, les propagandes qui les portent, les conflits qu'elles engendrent, les coexistences qui permettent de les surmonter. La période couverte est longue, XVIe
-XXIe
siècle, et la variété des approches est grande puisque vingt-cinq chercheurs (historiens, missiologues, anthropologues, théologiens) et des praticiens de terrain, se sont intéressés à l'Afrique et à Madagascar, à l'Asie, aux îles (Réunion, Haïti, Antilles), à l'Amérique latine et à l'Europe.
Après une mise en perspectives historique et communicationnelle de la thématique, l'ouvrage se présente en trois parties : la première, du XVIe
siècle au début du XIXe
, apparaît comme une période de concurrence conflictuelle, porteuse de refus, voire de « mort » de l'Autre quel qu'il soit. La deuxième couvre la seconde moitié du XIXe
siècle et le début du XXe
. Du fait de la multiplicité des acteurs missionnaires et des lieux, de la complexité des situations, les concurrences prennent l'allure « d'une course poursuite à géométrie variable » soutenue par des discours de combat et la mise en oeuvre de stratégies concurrentielles de conquête de l'espace. La troisième partie traite des « concurrences aménagées ». Elle couvre tout le XXe
siècle et déborde sur le présent siècle. Une perspective dialogique nouvelle s'ouvre. Elle vise à surmonter l'aspect polémique des concurrences jugées compromettantes pour la crédibilité du christianisme dans son ensemble vis-à-vis d'un monde à évangéliser.
Finalement, en contexte missionnaire et même postmissionnaire, la concurrence apparaît omniprésente et ambivalente. Les premiers acteurs de l'oecuménisme en mission, comme leurs héritiers, estiment que la question de l'unité demeure un objectif à réaliser. Il y a dans cet objectif, une part de rêve d'un monde religieux sans rivalités qui procède d'une lecture du dépassement des concurrences invisibles que l'historien ne saurait démêler.