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15 mars 2012. Montauban. À quelques mètres de la caserne
du 17e
régiment du génie parachutiste, Mohamed Merah ouvre
le feu sur trois soldats. Deux d'entre eux sont tués, le troisième
est paralysé à vie. Un homme est là pour accompagner les derniers
moments d'Abel Chennouf et de Mohamed Legouad : le
père Christian Venard, aumônier de la base de défense de Montauban.
Métier singulier que celui d'être prêtre auprès de tous
les soldats, catholiques ou non, croyants ou non...
En toute liberté, Christian Venard - que les militaires appellent
«le padre» - livre ici le récit de sa vocation, le sens de son action,
ses doutes, ses certitudes, ses douleurs et son espérance.
À l'âge de huit ans, il entend l'appel du Christ. Vingt-quatre ans
plus tard, en 1998, ordonné prêtre depuis un an, il consacre son
ministère à l'armée française et à ses soldats. Kosovo, Liban, Afghanistan,
Côte d'Ivoire, Mali : cet aumônier parachutiste au caractère
bien trempé a été de toutes les opérations extérieures conduites
par l'armée française depuis quinze ans. Quand survient la mort, il
est là pour accompagner ses «gars» tués au combat ou en service
commandé, ainsi que leur veuve, leur mère, leurs enfants ou leurs
proches.
De cette expérience intense, ce prêtre pas comme les autres
a tiré une connaissance intime des hommes et une vision acérée
du monde contemporain. De la maison familiale de Vienne, dans
l'Isère, à la solitude des postes avancés en «opex», du séminaire
français de Rome aux mosquées de Tombouctou, du management
d'une PME au dépouillement afghan, de la lumière du Périgord
où il habite à la désolation kosovare, le père Christian Venard, à
quarante-sept ans, vit au coeur de son époque.
Dans cet échange avec Guillaume Zeller, il livre un éclairage
passionnant sur notre temps et rend un hommage lucide et sincère
aux soldats et aux prêtres.