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Né à Texarkana, au Texas, le 24 novembre 1868, Scott Joplin mourut à New York quarante-neuf ans plus tard, le 1er avril 1917. Sa vie itinérante débuta dès son plus jeune âge. En 1885, il se fait pianiste de saloon à Saint-Louis où il demeure une dizaine d'années et commence à composer sa propre musique. En 1896, il s'installe à Sedalia et y publie deux ans plus tard un premier recueil, « Original Rags ». Il connaît un succès éclatant avec son Maple Leaf Rag (1899) et avec plusieurs autres pièces (dont The Entertainer) qu'il interprète régulièrement au Maple Leaf Club. À la fin de sa vie, il laissa plus d'une soixantaine de compositions et aussi quelques oeuvres nettement plus ambitieuses. Il n'enregistra pas un seul disque, mais perfora de nombreux rouleaux destinés à être joués sur des pianos pneumatiques. Vingt d'entre eux se trouvent reproduits sur le CD1. Pendant les sept premières années du vingtième siècle, il se partage entre Sedalia et Saint-Louis, collaborant à l'occasion avec d'autres musiciens comme Louis Chauvin (Heliotrope Bouquet). Il donne également un premier opéra, « A Guest of Honor » et un ballet intitulé « The Ragtime Dance ». En 1907, il monte à New York et compose son second opéra, « Treemonisha » (dont est extrait A Real Slow Drag). Il n'aura qu'une seule représentation en 1915, dans un théâtre de Harlem dépourvu de décors et de costumes, et fera un four. Joplin en perdit la santé et la raison. Interné début 1917 au Ward's Island Hospital, il y mourut peu après. Parmi les rares personnes qui l'accompagnèrent au cimetière se trouvait un jeune pianiste-compositeur de dix-neuf ans du nom de George Gershwin.
À l'exception de Maple Leaf Rag et de Entertainer parfois repris par les jazzmen, les compositions de Scott Joplin tombèrent dans l'oubli au cours des décennies suivantes. Il fallut attendre 1971 pour voir enfin rééditées les partitions de ses rags, valses et marches. L'année suivante, un film assez savoureux, « The Sting » (« L'Arnaque », en vf), utilisa plusieurs de ses musiques en guise d'illustration et en un clin d'oeil, de manière totalement inattendue, The Entertainer devint un « tube » inoxydable. Du coup, on se mit à réorchestrer les ragtimes de Joplin qui entrèrent dans le répertoire de nombre de pianistes (musiciens classiques compris) et on représenta enfin, cette fois avec succès, « Treemonisha » (janvier 1972, à Atlanta). Hommage tardif à l'un des très grands musiciens noirs de l'Amérique....