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Ce jour d'été 1966, Jeanne fait la lessive au lavoir quand
son frère lui annonce qu'il vient de trouver son mari, raide
mort, une plaie à la tête. Sans doute, alors qu'il plantait
des piquets, la masse s'est-elle détachée du manche et
l'a assommé... À la stupéfaction de tous, les gendarmes
déclarent cependant qu'il s'agit d'un assassinat !
Commence alors une enquête menée au rythme de
la terre dans la touffeur de l'été et le huis clos de la
ferme. Qui est l'assassin ? Clémence, la mère ? Jeanne,
l'épouse ? Pierre, le frère ? Ou quelqu'un d'autre, comme
Fred, l'ermite habitant sur les terres depuis plusieurs
années ? Serait-il possible que Cécile, la fille de Jeanne,
adolescente autiste, ait vu le coupable et connaisse la
vérité sans pouvoir la dire ?
Cécile s'agita en grognant. Elle se colla contre Jeanne,
cherchant le réconfort de ses bras. Puis, ses grommellements
devinrent plus intelligibles. Comme si les sons
s'organisaient pour devenir des paroles compréhensibles.
Jeanne tendit l'oreille, s'attendant que Cécile parle.
Mais rien ne vint jusqu'à ce que, se détendant de nouveau,
elle dise : «Papa». Elle avait prononcé ce mot
d'une manière si limpide que Jeanne en fut bouleversée.
À la fois par ce qu'il laissait deviner sur les préoccupations
de Cécile, mais surtout parce qu'elle pouvait
parler