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Depuis qu'il a été projeté sur le devant de la
scène publique par ses actions d'éclat, José
Bové n'a cessé d'être interpellé sur le thème :
«Pourquoi n'allez-vous pas au bout de vos
idées en les soumettant au vote des
électeurs, en vous lançant dans la "vraie"
politique ?» Cette question, à ses yeux,
montre que beaucoup n'ont pas compris les
ressorts et la logique de son action : pour lui,
la politique ne se réduit pas aux élections, on
peut aussi - et surtout - contribuer à
changer le monde par la désobéissance
civile.
C'est cette incompréhension qui lui a
donné envie, avec son vieux complice le
journaliste Gilles Luneau, de rédiger cet essai
qui retrace les grandes étapes de l'histoire
mondiale de la désobéissance civile
et explique son importance aujourd'hui :
quand un gouvernement encourage les
intérêts privés aux dépens de tous et de la
Terre, quand la loi privilégie l'intérêt particulier
au détriment de l'intérêt général, quand la
justice participe à la construction d'un ordre
sécuritaire, que peuvent faire les citoyens
pour que le droit redevienne l'outil de
préservation du bien commun ? Il ne leur
reste plus qu'à désobéir, quel qu'en soit le
prix, pour défendre la démocratie. Organiser
pacifiquement la résistance à l'injustice.
La désobéissance civique, c'est le fait
d'assumer individuellement un acte illégal qui
s'inscrit dans une aspiration collective :
de Gandhi aux arracheurs d'OGM en passant
par les femmes avortées et les déserteurs,
elle est un acte politique qui oppose la
légitimité à la légalité. Pour ses partisans, la
désobéissance civique, au-delà du courage
de dire non, c'est déjà dire oui à
l'approfondissement de la liberté.