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Chasser à l'arc, c'est
apprendre à disparaître.
La portée courte des flèches
oblige à s'approcher au plus
près des bêtes. Il faut donc
impérativement connaître
d'elles tout ce qui peut s'en
apprendre et en tirer les
conclusions pour se rendre
pratiquement inexistant pour
elles. Mais, à cela, il y une
conséquence : à force de se
rendre insignifiant, de quitter
toute apparence humaine,
on cesse aussi d'être soi. On
devient, pour partie au moins,
ce que l'on traque, ce que l'on
voit. S'approcher au plus près
des bêtes c'est fréquenter
au plus près l'animalité ;
sa propre animalité.
- Mais qu'est-ce qui vous pousse
avec tant de ferveur vers cette
quête de la bestialité, vers cette
incursion dans le monde ténébreux
de notre espèce que la « civilisation »
s'emploie depuis des millénaires à
rejeter de toutes ses forces ?
- Le goût de la vérité, ni plus ni
moins ! Lui aussi passait jusqu'à
récemment pour ce qu'il y a de plus
civilisé chez l'homme. Mais il est vrai
qu'il passe maintenant, et pour un
nombre de plus en plus grand, pour
ce qu'il y a de plus stérile, de plus
archaïque, de plus vain.