Ulteriori informazioni
L'Histoire a surtout retenu un sabre brisé, un exil sur les terres
du diable, un écrivain épris de justice qui fit couler l'encre à
l'époque où beaucoup auraient préféré le sang. L'affaire
Dreyfus, un imbroglio militaro-judiciaire qui a déchaîné les passions et
provoqué une profonde scission dans la société française.
Dreyfus coupable, Dreyfus innocent, tout a été dit et son contraire,
analysé, discuté, décortiqué. Une piste, pourtant, n'avait pas encore été
véritablement explorée dans ce dossier : l'armée. Cette armée de la
République qui a accueilli Dreyfus, qui l'a formé, qui l'a accusé, qui l'a
condamné, qui l'a enfin réhabilité.
Une histoire politique de l'armée française pour expliquer l'Affaire,
voilà le caractère novateur de cet ouvrage qui opère un véritable renversement
de perspective par rapport à ce drame national.
Le général André Bach s'emploie à rechercher dans l'évolution
socioculturelle de l'armée française, durant la seconde moitié du
XIXe siècle, les éléments qui ont favorisé la réticence de ses membres à
admettre l'innocence de Dreyfus en son temps, et peut être encore
pour certains d'entre eux, aujourd'hui. Il dresse un vaste bilan des
pratiques et structures de l'armée française, brosse le portrait des officiers
généraux qui ont fait le choix de sacrifier le capitaine Dreyfus. Il se
penche également sur les conflits politiques et idéologiques qui
ébranlaient alors la société, le profond traumatisme de la défaite de
1870, les luttes de pouvoirs aux plus hauts niveaux de l'état-major, les
liens trop étroits entre politiques et militaires et brosse ainsi une histoire
de la IIIe République, assez différente de celle communément présentée
jusqu'à aujourd'hui.
Ouvrage appelé à marquer l'historiographie de cette époque,
L'Armée de Dreyfus s'appuie sur une multitude de sources - circulaires,
Mémoires, correspondances, documents privés -, et sur le fameux
«dossier secret» dont bon nombre de pièces n'avaient jusqu'ici jamais
été portées à la connaissance du public.