Ulteriori informazioni
Les métaphores ne manquent pas pour décrire les résultats inattendus
d'une élection. Partout où se déroulent les élections, observateurs et
analystes rivalisent d'imagination pour faire part de leur désarroi face à
un scrutin dont ils n'avaient pas anticipé l'issue. Journalistes et chercheurs
s'efforcent alors de rendre intelligible, et donc acceptable, le produit non
prévu d'une addition de votes. Le discours de la surprise est à ce point
banalisé qu'une élection confirmant les pronostics «surprendra» par
l'absence de surprise qu'elle aura réservée.
Ce recours récurrent à la rhétorique de la surprise caractérise bien nos
sociétés avides de prévisibilité et qui, en matière électorale, ont développé
des techniques sophistiquées de sondage et analyse des intentions de vote.
Mais il révèle aussi un des paradoxes de la démocratie représentative, qui
doit préserver la liberté d'expression tout en réduisant l'incertitude liée à
l'exercice du suffrage.
Cet ouvrage revient sur un certain nombre d'élections qui se sont soldées,
selon les commentateurs, par des surprises de grande ampleur.
Il réunit des efforts de théorisation autour de la notion de surprise en
démocratie, et des études portant sur des pays très divers (France, Haute
Volta [Burkina Faso], Bénin, Zimbabwe, Maroc, Russie, Colombie,
Turquie, Équateur, Bolivie, Suède), caractérisés par des états de consolidation
démocratique inégaux, voire même par des régimes autoritaires.
L'intérêt de l'exercice comparatif est de montrer que la surprise électorale
peut porter sur différents moments ou acteurs des élections (campagnes,
candidats, scores, alliances, partis, etc.), qu'elle est redevable de différents
types d'explication (modes de scrutin, comportements électoraux, stratégies
de campagne, etc.), mais qu'elle résulte toujours de la construction
sociale d'attentes politiques.