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Ce que Jules Verne connaissait de la Tunisie avait déjà été mis à contribution dans
le plus méditerranéen de ses romans, Mathias Sandorf, paru en 1885. En 1884 en
effet, l'écrivain avait effectué une grande croisière en passant par le Maroc, l'Algérie,
la Tunisie, la Sicile, l'Italie. Il connaissait les projets qui, dès 1874, virent
s'associer le capitaine Roudaire et l'illustre Ferdinand de Lesseps dans la perspective
de creuser un canal reliant les chotts à la Méditerranée, via Gabès. Ferdinand
de Lesseps, fort du succès obtenu quelques années plus tôt lors du percement du
canal de Suez, n'était pas seulement cet audacieux entrepreneur que l'on sait, il
était aussi l'ami et le protecteur de Jules Verne, auquel il avait fait obtenir la
Légion d'Honneur en 1870. Le projet du capitaine Roudaire lui sembla donc suffisamment
sérieux pour qu'il envisage de s'associer au visionnaire capitaine pour
mener à bien des travaux qui auraient dû transformer les chotts en petite Méditerranée,
ouverte sur la grande par le seuil de Gabès. Ce projet n'aboutit jamais, mais
c'est de cette utopie que s'inspira Jules Verne pour écrire L'invasion de la mer.