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L'enseignement des relations internationales devrait, pour être
suffisamment éloquent, revêtir un savant mixage de trois dimensions
correspondant aux trois pôles professionnels qui magnifient sa science
existentielle. Il y a d'abord les théoriciens bruts, pétris de démonstrations
académiques et d'évidences comparatives qui puisent profondément dans la
doctrine, la jurisprudence, et la projection expérimentale. Il y a ensuite les
professionnels classiques, artisans des planifications d'État-major tapis dans
les centres du pouvoir et qui, avec ou sans les fondements et les principes
théoriques, pensent les attitudes, les comportements et les décisions des
acteurs. Il y a enfin les diplomates de terrain, confrontés à la réalité des
missions souvent délicates, et contraints parfois à des ajustements amers,
selon les exigences de la coexistence, de la compétition, et de la
confrontation subséquente des intérêts nationaux.
En somme, il est impossible dorénavant de figer la démarche
internationale dans le moule étroit et sectaire des prédispositions théoriques.
C'est le refus de cet obscurantisme qui peut aider à comprendre pourquoi
Barack Obama peut à la fois célébrer la paix et glorifier la nécessité de la
guerre, au moment où il reçoit le prix Nobel de la paix à Oslo en novembre
2009. Les érudits sacrés, faiseurs de diplomaties à partir des thèses
académiques, n'ont plus véritablement de respectabilité. Ce sont les adeptes
de l'investigation circonstanciée qui ont le vent en poupe dans la quête de la
maîtrise de l'évolution des relations internationales. C'est toute une école, la
nôtre, qui a pour elle l'avantage de valoriser les moindres détails de chaque
événement, de chaque fait, de chaque action, de chaque proclamation. Voici
son talent étalé.